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Différences de prix Belgique - Etranger : le CRIOC invite les consommateurs et les pouvoirs publics à agir

Communiqués de presse - Prix
Date : 03-10-2012
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Une étude du SPF Economie compare les prix alimentaires entre la Belgique et ses voisins et conclut une différence importante dans les prix des produits. Décodage.

Les prix sont plus élevés en Belgique

L'étude intéressante et très complète montre qu'il existe en défaveur de la Belgique une différence significative et partiellement inexpliquée entre les prix pratiqués en Belgique et à l'étranger. Des produits identiques sont, en moyenne, 10,4% plus chers en Belgique qu'aux Pays-Bas, 10,6% en Allemagne, et 7,0% plus chers qu'en France. Pour les produits alimentaires transformés, la différence est de 12,5% de plus en Belgique qu'aux Pays-Bas, 7,5% qu'en Allemagne et 8,6% en France. Ces différences de prix confirment les études réalisées précédemment par le CRIOC.

Prix transfrontaliers, comparaison des prix des produits non alimentaires

Prix transfrontaliers, comparaison des prix des produits alimentaires

Pourquoi ces prix sont-ils plus élevés ?

Plusieurs facteurs, selon l'étude, peuvent expliquer ces différences de prix élevées comme :

  • Les différences liées à la fiscalité indirecte qui expliquent 2% de cette différence. Le taux de TVA sur la plupart des produits est 0,5% plus élevé en Belgique qu'aux Pays-Bas et en France (1% inférieur à celui de l'Allemagne), et sur d'autres produits ce taux est 2% plus élevé qu'aux Pays-Bas et en Allemagne (et 1,4% plus élevé qu'en France). De même la fiscalité directe pourrait aussi expliquer une part des différences.
  • Les différences dans le coût du travail. Le recours à de la main d'oeuvre bon marché (étudiants jobistes) employés à temps partiel en Hollande tandis que la Belgique dispose d'une main d'oeuvre plus coûteuse car soucieuse de faire carrière dans la distribution. Le coût du travail pourrait expliquer 2% des différences.
  • Les différences des coûts d'exploitation (immobilier, logistique) mais selon l'étude, rien n'indique que les entreprises les plus efficaces en Belgique et aux Pays-Bas aient des coûts sensiblement différents
  • Le coût des achats perçu comme plus élevé en Belgique par les distributeurs et lié sans doute aux spécificités territoriales (étiquetage trilingue) et à l'absence de commerce parallèle. Il serait difficile pour une enseigne de s'approvisionner à l'étranger vu la spécificité des produits développés pour le marché belge. Cette différence ne devrait pas expliquer plus de 2% des différences.
  • Les différences de structure entre les marchés hors Belgique et le marché belge. Le taux de concentration du marché belge de la distribution est caractérisé par une plus forte concentration des parts de marché. En effet, trois quarts du marché sont aux mains des trois plus grands acteurs (Carrefour, Delhaize et Colruyt dont la part de marché varie entre 21 et 26%). Et plus cette concentration est élevée, plus les prix pratiqués sont élevés. Et plus la part de marché d'une enseigne est importante dans une commune, plus le prix pratiqué pour un produit est important. L'absence de concurrence accentue les prix élevés.
  • Le fait que le niveau de prix est déterminé par l'enseigne la plus chère et que les autres concurrents alignent leurs prix sur cette enseigne. En pratique, il propose une réduction de prix par rapport à un prix de référence élevé qui ne correspond pas à une marge juste mais à la recherche de la marge la plus élevée possible. Cet élément tend à prouver l'existence d'une tendance à faire payer au consommateur un niveau de prix élevé
  • (1)
  • La législation belge concernant l'interdiction de vente à perte qui conduirait à une augmentation des prix, dans la mesure où les chaînes de supermarchés ne peuvent facturer un prix inférieur au prix de gros aux clients, celui-ci peut agir comme un prix plancher uniforme et incite les supermarchés et leurs fournisseurs à augmenter le prix de gros et les marges arrières pour réduire la concurrence entre distributeurs, mais également entre fournisseurs.
  • L'inertie du consommateur qui ne le conduit pas à effectuer des comparaisons des prix et de la qualité de services coûteuses et compliquées. Pour les consommateurs. Il faut, pour ce faire, se rendre dans plusieurs magasins, retenir les prix pratiqués et être capables de les agréger pour établir le coût moyen. De plus, le prix est loin d'être le seul critère de sélection d'une enseigne. L'étude conclut que les différents facteurs de coûts étudiés ne permettent pas d'expliquer une différence de plus de 6%.
Facteur (Etude SPF Economie)Différence (B – NL)
Fiscalité indirecte< 2%
Fiscalité directeDépend de l'entreprise
Sécurité sociale employeur< 1%
Coût du travail(2)< 2%
Bons d'achat< 1%
ProfitabilitéNégligeable(3)
Total< 6%

Et les différences entre les magasins peuvent atteindre 25%. D'où l'intérêt pour le consommateur de comparer les prix des différents produits et entre les différentes enseignes.

Que conseiller au consommateur ?

Le consommateur doit faire preuve de vigilance et ne pas hésiter à comparer le prix des produits.

  • Vu la variabilité des prix entre les enseignes, comparer les prix en fonction d'une liste d'achats s'impose. Il ne sert à rien au consommateur de comparer des prix moyens, par contre, il est nécessaire de comparer le prix de sa liste personnelle de courses.
  • Privilégier les marques de distributeurs (marques B) s'impose. Les produits sont souvent de qualité identique, comme le montrent les études réalisées par le CRIOC et les différences de prix d'un produit de marque nationale et d'un produit MDD comparable sont en moyenne de l'ordre de 40-45% en Belgique. L'étude réalisée par l'UROC et le CRIOC confirme cette tendance. Le choix des premiers prix (Marques C) peut aussi apparaître comme une solution pour des produits de recette simple, nettement moins cher que les marques de distributeurs (Marques B) ou les marques nationales (Marques A).

Les autorités publiques doivent agir

Le CRIOC demande aux autorités de :

  • Mettre en place un outil harmonisé de comparaison des prix qui supprime les effets d'annonce réalisés par des enseignes et limite toute réelle comparaison. Ainsi, annoncer que les prix sont comparables pour certains produits à ceux d'une autre enseigne, ou comparer des produits ou des paniers sur base de méthodologies différentes sont de nature à induire le consommateur en erreur. Les autorités publiques doivent initier la mise en place de cet outil, à travers, par exemple, de la normalisation. Ainsi, il ne suffit pas de comparer les produits entre eux mais aussi leur pondération dans la composition du panier de la famille.
  • S'interroger sur l''aménagement de la législation sur les ventes à perte pour juguler l'inflation. Cette suppression pourrait, à terme, avoir un effet pervers. Ainsi, l'enseigne qui dispose des coûts les plus bas pour vendre à perte pourrait faire disparaître ses concurrents directs et disposerait ainsi d'un monopole. A ce moment, il serait facile d'augmenter les prix à sa guise et de répercuter cette augmentation sur le consommateur.
  • Mettre en place un monitoring de l'évolution des marchés, et notamment, du développement des marques de distributeurs vu les effets indésirables que celles-ci pourraient générer et réduire le choix du consommateur, dans la mesure où des distributeurs dont la part de marché est importante tenteraient de restreindre la vente d'un produit concurrent. Les enseignes de supermarché pourraient, par exemple, tenter d'évincer certains concurrents à travers un non-listing (cas extrême), ou en augmentant différents frais auxquels les MDD ne sont pas soumis, tels que les frais d'accès au rayons ("listing fees"), ou en leur réservant une place défavorable ou un espace réduit en rayon. Les distributeurs pourraient également exploiter de manière abusive leur position privilégiée en utilisant les informations sur les produits et les projets futurs de leurs fournisseurs.
  • Surveiller les ententes sur les prix,(4) de nombreuses fois dénoncées par les instances européennes : bananes, poudres à lessiver, produits d'entretien, boulangerie et produits laitiers ne sont la partie visible de l'iceberg qui cache les ententes sur les prix. Croire qu'elles sont inexistantes relève soit de la méconnaissance de l'intérêt des opérateurs, soit de l'absence de volonté politique. Le CRIOC avait aussi dénoncé l'entente sur les prix du lait, il y a quelques années.
  • Publier les prix (en euros) des produits relevés dans le cadre de l'indice des prix et non des indices de manière à développer une culture consumériste et une meilleure connaissance des prix par les consommateurs.
  • Développer un outil statistique moderne, univoque et basé sur la consommation réelle des ménages grâce à la collecte des données au point de vente

(1) La très faible rentabilité de l'un des trois acteurs majeurs du marché (Carrefour), l'empêche de pratiquer une politique de prix agressifs. Les chaînes concurrentes utilisent ses prix comme cibles, mais n'ont, toutefois, aucun intérêt à trop les baisser pour gagner quelques parts de marché supplémentaires.- même si un autre opérateur a pour politique de suivre les prix d'autres enseignes (cet opérateur n'est pas un price leader, mais un price follower), sa politique de "meilleurs prix" peut décourager les concurrents de baisser leur prix. Dans la mesure où cet opérateur s'engage à contrer les baisses de prix, l'effet d'une baisse de prix sur les volumes vendus par un concurrent est nettement moins élevé. Cette politique de meilleurs prix est stabilisée par l'interdiction de vendre à perte et l'organisation efficace (faibles coûts d'exploitation) qui assure à cet opérateur que sa politique de meilleurs prix est soutenable. Cet effet est renforcé par le fait que les concurrents qui pourraient pratiquer des prix plus bas sont également plus petits et n'ont dès lors pas accès à des conditions d'achats aussi favorables.

(2) Les distributeurs n'obtiennent pas des biens identiques aux mêmes conditions.

(3) Il ne semble pas y avoir de différence sensible de profitabilité entre les enseignes belges et néerlandaises.

(4) Les ententes sur les prix peuvent expliquer certains tarifs élevés. Ainsi de janvier 2006 à mars 2009, le prix moyen du pain est passé de 1,69 € à 1,99 €, soit une augmentation de 18%. Et cette augmentation ne peut s'expliquer uniquement par l'augmentation du prix du blé ou de l'énergie, d'autant que le prix de l'énergie baisse aujourd'hui. En matière de prix du pain, il est utile de rappeler que la VEBIC, la fédération des boulangers flamands a été condamnée à une amende de 29120 euros pour entente illicite. La VEBIC n'avait pas hésité à développer un système de calcul et d'indice de prix qui incitait, selon le Conseil de la Concurrence, le boulanger à augmenter son prix de vente. Le Figaro rapportait que Neuf groupes, fabriquant des marques parmi les plus connues au monde, sont suspectés d'avoir participé à une vaste entente sur leurs tarifs en France. Parmi ces suspects figurent Unilever, Colgate Palmolive, SC Johnson ou Henkel dont les produits sont présents dans les placards de tous les ménages... Johnson raconte que, depuis la fin 2004, (Ces groupes) avaient pris l'habitude de se téléphoner très régulièrement et de tenir des réunions secrètes. Des e-mails étaient également échangés, tandis que des études de marché réalisées par des sociétés spécialisées étaient mises en commun. L'essentiel des données transmises concernait bien sûr leurs parts de marché respectives dans les produits d'entretien et les insecticides notamment, mais aussi les prix que chacun pratiquait. Ils partageaient également des informations commerciales sur les conditions que leurs clients les distributeurs accordaient à chacun. Parmi celles-ci, figuraient les demandes formulées par la grande distribution qui voulait leur faire payer l'intégralité de la réduction des prix... Sentant le vent tourner en sa défaveur, Colgate décidait à son tour de se confier au Conseil de la concurrence. Le groupe américain lui avoue avoir participé à une autre entente avec Procter et Unilever, sur le marché des produits corporels, cette fois. Dans le secteur du jouet une entente verticale a été mise à jour par le Conseil de la Concurrence en France. Le conseil a ainsi condamné 5 fournisseurs et 3 distributeurs de jouets à une amende totale de 37 millions d'euros pour s'être entendus sur les prix de vente durant les périodes de Noël au détriment des consommateurs. Carrefour, MaxiToys et JouéClub se sont entendus avec leurs fournisseurs respectifs pour obtenir un prix unique par jouet et faire cesser toute concurrence. Récidiviste, Carrefour a été condamné à payer 27,4 millions d'euros d'amendes.

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