Electrabel justifie la baisse de ses tarifs par le poids de la facture énergétique dans le budget des ménages. Cette prise de conscience soudaine étonne les consommateurs soumis à une pression constante de leur pouvoir d’achat. Non seulement Electrabel annonce une diminution générale de ses tarifs fixes en matière de gaz et d’électricité, ce qui devrait permettre à une famille moyenne de voir sa facture annuelle diminuer de 200 euros, mais encore, la suppression de l’indemnité de départ de 50 euros.
Dans son communiqué de presse, Sophie Dutordoir, Directrice Générale d’Electrabel précise qu’il n’est pas acceptable de conserver un client, seulement parce qu’une indemnité de départ jour le rôle d’épée de Damoclès. Electrabel fait-elle tout-à-coup preuve de bon sens ?
Il est vrai qu’Electrabel a perdu, au cours des 3 premiers mois de 2012, 47.000 clients en électricité et 30.000 clients en gaz. Même si, comme l’entreprise le déclare, le prix élevé, la pression politique ou l’agitation apparue autour de l’augmentation du 1er avril 2012 n’y sont pour rien. La volonté de conserver une position dominante sur le marché ou d’ignorer les demandes des décideurs politiques pourrait-elle expliquer cette volte-face ? Une communication sans faux semblants - Chers clients, nous reconnaissons nos erreurs, et soucieux de retrouver votre confiance, nous adaptons nos tarifs à la baisse - ne fait toujours pas partie de l’identité de l’entreprise. En communiquant de la sorte, Electrabel confirme sa philosophie : nous imposons nos choix, sans tenir compte des attentes des clients ou des demandes des décideurs politiques.
Attention cependant ! Une baisse des tarifs ne signifie pas qu’Electrabel, moins cher est le fournisseur d’énergie le moins cher et le plus intéressant pour le consommateur. La comparaison s’impose.
Cette décision d’Electrabel ne conduira sans doute pas le consommateur à passer l’éponge et à oublier les pratiques du passé. Mieux encore, le consommateur doit disposer de services de qualité à des prix justes et abordables, sans indemnités de résiliation dans tous les secteurs comme la téléphonie mobile ou l’Internet.
Aujourd’hui, on peut regretter d’avoir attendu la naissance d’une controverse tant sur le plan médiatique et politique pour décider de baisser les tarifs par une entreprise largement bénéficiaire.
Il était temps de réagir. Mais peut-être est-il déjà trop tard !