Comme nous vous en fassions part en juillet dernier, un nouvel étiquetage énergétique européen est en développement.
De quoi s'agit-il ?
L'étiquetage énergétique permet aux consommateurs d'évaluer les coûts d'utilisation des appareils domestiques au moment de l'achat et de promouvoir les produits économes en énergie. La directive européenne 92/75/CE a introduit l'étiquette de consommation d'énergie pour les appareils domestiques tels que les réfrigérateurs, congélateurs, fours, climatiseurs, lave-vaisselle, machines à laver, appareils combinés, sèche-linge et sources lumineuses. Ces étiquettes vont de A à G, les classe A étant ceux qui consomment le moins d'énergie et qui coûtent donc moins cher à l'utilisation. Comme il existe maintenant certains appareils plus performants que la classe A, il était temps de prévoir une nouvelle classification. C'est chose faite avec la refonte de la directive qui étend le champ d'application de celle-ci en vue de couvrir aussi les produits du secteur commercial et industriel dans le futur.
Le modèle de base reste inchangé, à savoir le système de lettres (A à G) et le code couleur, vert foncé pour les appareils les plus économes (classe A) à rouge pour les énergivores (classe G), mais on rajoute trois classes supplémentaires : A+, A++ et A+++, pour les produits les plus efficaces sur le plan énergétique. Au total, le nombre de classes figurant sur l'étiquette devra toujours être limité à sept. Des pictogrammes informent en outre les consommateurs sur les caractéristiques et les performances du produit. Les émissions acoustiques apparaissent désormais sur le visuel.
Que choisir ?
Préférez les appareils de type classe A+++ qui consomment moins d'énergie. Parfois plus chers à l'achat, mais toujours plus économiques à l'utilisation, ces appareils vous coûteront en définitive moins cher. La différence entre deux classes qui se suivent signifie, par exemple, qu'un appareil A++ consomme 20 % d'énergie en moins qu'un A+. Ainsi la classe A+++ correspond à des économies d'énergies de 30 à 60 % par rapport à la Classe A.
Un outil d'information
L'étiquette-énergie a été conçue pour fournir aux consommateurs des informations justes, identifiables et comparables sur la consommation d'énergie, les performances et d'autres caractéristiques essentielles des appareils ménagers.
Le nouvel étiquetage se veut plus lisible et identique dans tous les pays d'Europe.
De nouveaux éléments apparaissent afin de valoriser les performances environnementales des produits ainsi que les progrès techniques réalisés. Parmi ces nouveautés :
- Jusqu'à trois classes supplémentaires d'efficacité énergétique, à savoir A+, A++ et A+++, peuvent être ajoutées ;
- Les textes ont été remplacés par des pictogrammes qui informeront les consommateurs de façon simple sur les caractéristiques et les performances d'un produit donné ;
- La déclaration des émissions acoustiques sera obligatoire pour les produits pour lesquels le bruit constitue un critère particulièrement pertinent.
Les pictogrammes constituent une façon plus simple et efficace de fournir aux consommateurs des informations relatives aux caractéristiques et aux performances des appareils. Par exemple pour un lave-linge (cf. étiquette-énergie ci-contre), les pictogrammes permettront d'identifier en un coup d'œil les niveaux sonores en phase de lavage et d'essorage, la charge de linge en kilogrammes, la consommation d'eau annuelle en litres, l'efficacité d'essorage, la consommation d'énergie annuelle en kWh.
Ce que nous en pensons
L'introduction des nouvelles classes énergétiques apparaît comme une victoire pour les fabricants. En élargissant la classe A, on va donner l'impression au consommateur, et cela peu importe le nombre de +, qu'il acquiert un produit de toute façon performant alors que ce dernier pourrait se révéler être moyen. Si on avait gardé les classes précédentes, on poussait les fabricants à l'excellence en matière énergétique. Cependant pour contrer cet effet, les classes énergétiques restent au nombre de 7, mais l'échelle des classes énergétiques devient une échelle dynamique qui s'étale dans le temps avec des objectifs à atteindre pour l'horizon X. Ainsi, en 2014 ne sera-t-il plus permis de vendre les téléviseurs qui consomment actuellement le plus.
Une langue unique pour toutes les étiquettes est aussi une victoire pour les fabricants, adapter l'étiquette aux langues nationales coûte évidemment cher. Bien que l'utilisation de logos rende ces étiquettes plus parlantes, l'utilisation d'une langue unique diminue la compréhension de l'information.
Pour finir, la version finale est moins ambitieuse que le projet de directive.
Le projet de directive prévoyait que :
- toute publicité mentionnant la consommation d'énergie ou le prix d'un modèle spécifique d'un appareil électroménager devrait indiquer la classe énergétique du produit. Pour finir, cette disposition ne s'applique qu'au lave-vaisselle et ne rentrera en vigueur qu'au premier avril 2012 pour les publications;
- de nouveaux produits seront concernés par l'étiquetage énergétique, tels que les télévisions, les chauffe-eau et les chaudières. Pour finir, seule la télévision a été intégrée.
En conclusion, si ces étiquettes ont le mérite d'exister, au CRIOC, on regrette que ce nouveau cadre réglementaire n'aille pas plus loin, en particulier en termes d'objectif de consommation admissible.
Voir aussi: Le nouvel étiquetage énergétique qui vous permettra de comprendre ces fiches
Voir la directive http://eur-lex.europa.eu