Rappel des faits: Lors de la Foire agricole, forestière et agroalimentaire de Libramont 2009, le stand de l'Afsca avait été pris pour cible par de manifestants. Un stand qui, ensuite, fut abandonné jusqu'au terme de cette édition. Parmi ces manifestants, deux agriculteurs d'Hemptinne (Florennes), Daniel et Alexandre Balle, un père et son fils, ont été désignés comme les meneurs du groupe de manifestants.
Contexte
Cette année-là, la Foire de Libramont, tombait en pleine crise du secteur laitier. Une crise qui avait poussé, à l'époque, les agriculteurs de toute l'Europe à manifester avec force pour une baisse des quotas laitiers et pour davantage d'aides des instances européennes.
L'ensemble de la scène a été filmé, on y voit une cinquantaine de personnes détruisant le stand. Le film permet également d'identifier le père tenant une cruche de lait avec laquelle il menace les policiers et le fils portant une bombe de peinture à la main qui lui a servi plus tard à dessiner un trident.
Sur base de témoignage ces personnes ont été identifiées comme faisant partie des meneurs, ce qu'ils ont reconnu. En plus de destruction de biens publics, le père et le fils doivent répondre de rébellion envers les policiers.Dans son réquisitoire, le procureur du roi avait avancé que "Des vies avaient été mises en danger lors de la chute des mats de drapeaux qui sont tombés à quelques centimètres de gens qui ne doivent leur survie qu'à la chance".
La sanction
Le père est condamné à purger huit mois de prison assortis d'un sursis total de trois ans.Son fils, Alexandre, a été condamné à 100 heures de travail – ou à huit mois d'emprisonnement en cas d'inexécution de cette peine – avec, pour la moitié, un sursis de trois ans par le tribunal correctionnel.
Au civil, les deux hommes ont été condamnés solidairement, et à titre provisionnel, à payer 10.000 € à l'Afsca, 1.338 € au SPF Économie, 4.713 € à l'Inasti ainsi qu'un euro provisionnel au SPF Finances, au BIRB et au policier également constitués en tant que parties civiles. Ces sommes correspondent aux dommages subis par chacune des parties civiles le jour des faits.
Le CRIOC souhaite que les dommages et intérêts versés à l'Afsca permettront de renforcer les contrôles dans les restaurants, salons et foires commerciales ainsi que lesa ctions de prévention organisées par l'Agence. Par ailleurs, ce jugement illustre bien que dans la défense d'une cause, toute action de revendication n'est pas la bienvenue. Si la crise laitière est difficile pour les agriculteurs, elle ne justifie pas n'importe quelle action : des actions constructives doivent être privilégiées, afin de permettre un débat propice aux décisions des parties prenantes et des autorités, sans oublier les consommateurs et leus organisations.