Selon eux, ce sont surtout les femmes pratiquant ces jeux qui présentent des signes de dépression plus graves et des bilans de santé moins performants que celles qui ne jouent pas. Quant aux joueurs masculins, leur indice de masse corporelle (IMC) est plus élevé que celui des non joueurs. Autrement dit, les joueurs hommes ont une fâcheuse tendance à l'embonpoint. A noter que les accros du jeu vidéo passent également plus de temps sur internet que les autres. C'est d'ailleurs cette 'plus grande dépendance vis-à -vis d'internet' qui caractérise aussi bien les hommes et les femmes adeptes des jeux, expliquent les chercheurs des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et de deux universités américaines, Emory et Andrews.
Enfin, les adultes jouant aux jeux vidéos présentent également les signes 'd'une moins grande ouverture vers l'extérieur', analyse le Dr James Weaver qui a participé à ces travaux. Pour cette étude, qui a été dans la revue American Journal of Preventive Medicine, les chercheurs ont étudié le comportement de 562 adultes entre 19 et 90 ans. Il s'agit d'une des premières études menées sur des adultes.
Les plus jeunes ne sont pas en reste. En Chine, plus de 10 millions d'adolescents sur les 100 millions que compte le pays, souffrent de dépendance à l'internet et il existe au moins 400 centres de réhabilitation pour traiter les 'accros' du net… Aux Etats-Unis, près d'un enfant sur dix présente également des symptômes de dépendance pathologique aux jeux vidéo : troubles du sommeil, échec scolaire…
La dépendance est réelle. On le sait, certains joueurs sont capables de passer des nuits blanches devant une console ! Une enquête récemment conduite au Canada dévoile que sur 650 ados joueurs, un sur 4 y passe plus d'une heure par jour, tandis que pour certains, la semaine se solde par 35 heures de jeu ! Cela touche surtout des jeunes de sexe masculin, et célibataires. Depuis 2004 en tout cas, le mot 'cyberaddiction' a fait son entrée au dictionnaire médical Larousse.
Le cyberdépendant, selon les spécialistes, est quelqu'un qui fait un usage excessif des moyens de communication offerts par l'Internet. Il ne peut résister à son envie de se coller devant son écran, à n'importe quelle heure et à n'importe quel prix. Il vérifie sa boîte mail toutes les 10 minutes, consulte et re-consulte tout le temps les mêmes sites ou joue en réseau pendant des heures.
Petit à petit, il se détourne de ses centres d'intérêts habituels et finit par oublier les activités les plus essentielles, comme se nourrir par exemple. Seul l'ordinateur existe et toute la vie s'organise autour de lui. Tout son univers social, intellectuel et affectif est ainsi touché. Il ne voit plus ses amis, délaisse sa petite amie ou sa famille. Il perd tout contact avec la vie réelle et le monde virtuel devient sa seule réalité. Tout comme un toxicomane, le cyberdépendant ressent un manque, une angoisse quand il ne peut se connecter.
Et d'ajouter qu'il existe 4 types de cyberdépendance :
- Le cyber game dépendant : l'accro aux jeux en ligne qui permettent de jouer avec des milliers d'autres personnes partout dans le monde. Dans cette catégorie, il y a également la dépendance aux jeux de hasard et aux transactions en ligne (enchères, achats en ligne, etc.).
- Le cyber sexe dépendant : il va consacrer son temps à visiter des sites pornographiques ou à rechercher des partenaires sexuels. Parfois, la personne peut préférer les activités sexuelles en ligne aux relations sexuelles réelles.
- Le cyber talk dépendant : accro au courrier électronique, au chat, forums de discussion, blogs… La personne peut en arriver à privilégier les cyberrelations aux relations sociales et familiales réelles.
- Le cyber épistémophile : il amasse d'importantes quantités de contenus et d'informations en ligne. A peu près tout le monde passe par cette phase lors de ses premières prises de contact avec le web.
Quand devient-on réellement dépendant, quand y a-t-il lieu de s'inquiéter ? Attention, il n'y a pas péril en la demeure si vous 'surfez' régulièrement chaque jour. En général, lorsqu'une personne commence à découvrir les possibilités d'Internet, elle peut passer des heures devant son écran. Cet excès est souvent passager et l'utilisateur se concentre ensuite sur les recherches qui l'intéressent vraiment.
En revanche, il faut se poser des questions si, petit à petit, l'utilisateur ne peut plus s'empêcher d'aller sur Internet ; surfe par automatisme.
Les psychologues ont mis au point un petit test dit test d'Orman. Plus les réponses aux questions sont positives, plus il y a de chance de devenir fortement dépendant… A noter que le cyberdépendant n'est pas nécessairement malheureux, étant donné qu'il évacue tous les problèmes de la vraie vie : 'il utilise Internet pour paralyser les sentiments négatifs', analysent les psys.
Quel profil pour le cyberdépendant ? Ici, toutes les catégories sont représentées : de l'étudiant à la femme au foyer ! Les personnes les plus touchées sont celles qui craignent les rapports sociaux ou qui sont en manque de relations humaines. L'homme cyberdépendant affiche plutôt une accoutumance pour tout ce qui a trait au sexe, aux jeux d'argent et jeux en réseau. La femme est plutôt dépendante d'amitiés romantiques virtuelles ou de 'bavardages'.
Parmi les symptômes les plus reconnaissables : la sécheresse des yeux, les maux de tête migraineux, maux de dos, syndrome du canal carpien, insomnies… mais aussi des problèmes d'assiduité ou de performance au travail ou à l'école.
En général, et comme pour toutes les dépendances, le cyberdépendant nie le problème. Il doit donc avant tout comprendre et admettre sa dépendance.(voir : www.cliniquedujeu.be)
On parle d'abus quand le temps passé dans le monde dit 'virtuel' est plus élevé que celui passé dans le monde réel et que cela interfère sur les obligations au quotidien. Lorsque l'individu perd tout contrôle sur son comportement, on parle alors de dépendance.
Les jeux vidéo rendent-ils violent ? Les experts conçoivent que la violence présente dans certains jeux peut avoir, à des doses modérées, un effet positif : le jeune peut en effet exprimer par le jeu ses pulsions agressives difficilement acceptables en société. Mais les violences répétées vécues au travers de jeux vont encourager le désir de se comporter agressivement ! Au niveau psychologique, le rapport à la réalité peut être modifié et il existe un risque de confusion entre la réalité et la fiction. L'aspect positif du jeu, concède Serge Minet, psychothérapeute et spécialiste des addictions, c'est qu'il permet de développer globalement les facultés intellectuelles, notamment la coordination.
Le CRIOC a réalisé une étude sur les loisirs des jeunes qui devienent de plus en plus passifs. Les jeux vidéos, le gaming, Internet font partie de leur univers à part entière. Etude complète