C'est un principe économique que de reporter l'augmentation des coûts de production sur le consommateur final. En tant qu'entreprises privées, les banques sont tout aussi assujetties à cette règle. Si un brasseur voit le coût de revient des ingrédients de sa bière augmenter, ce sera le consommateur qui paiera en fin de compte plus pour sa chope. Cependant, en cette matière cette loi économique ne doit plus s'appliquer.
La crise financière actuelle est la crise la plus grave qu'on ait eue depuis le début du siècle précédent. Suite à un comportement irresponsable, naïf et risqué des autorités et des institutions financières, nous avons appris la dure leçon que des banques et des nations peuvent aussi faire faillite. C'est malheureusement le consommateur qui est toujours la victime de telles situations. Que cette crise n'ait pas bousculé la Belgique est en grande partie dû à l'attitude des consommateurs, qui– dans la mesure du possible – ont gardé confiance sans paniquer. Chaque Belge a payé sa part pour sauver des banques telles que Dexia et Fortis, même si ce n'était qu'indirectement.
Heureusement, les négociateurs gouvernementaux ont estimé que des crises futures doivent être surmontées, que les coupables doivent être punis et que des filets de sécurité financiers doivent être mis en place. Bien qu'il y ait déjà beaucoup de mouvement au niveau européen, des actions ont également été entreprises en Belgique. Les banques se sont vu imposer une taxe bancaire pour compenser leur part de responsabilité dans la crise. Leur annonce de récupérer le coût de ces taxes sur le dos du consommateur nous stupéfie.
Au moment où la crise semble être un peu conjurée grâce à l'installation d'un nouveau gouvernement et que les consommateurs peuvent reprendre haleine, l'annonce des banques vient comme une gifle. D'abord, le consommateur est victime de l'imprudence des institutions financières, puis il est obligé à tirer ces institutions de la boue, et maintenant il serait encore victime des nouveaux frais et taxes, qui sont imposés aux banques.
Pour commencer, le CRIOC fait appel aux banques pour qu'elles s'en prennent à elles-mêmes et tentent de regagner la confiance des consommateurs d'une manière digne. Deuxièmement, il fait appel au consommateur pour qu'il garde l'esprit critique, interroge son institution financière, compare et le cas échéant change de banque. Il serait inacceptable de voir le consommateur devenir une marionnette. Troisièmement, le CRIOC demande aux ministres compétents d'éviter à tout prix ces pratiques. L'accord gouvernemental propose dans ce contexte de renforcer l'Observatoire des Prix dans l'exécution de ses missions. C'est le moment idéal pour donner suite à cette proposition et pour donner un signal fort au consommateur!