Au rayon des sodas et des limonades, il y en a de plus en plus pour tous les goûts. Mais, pour des raisons à la fois environnementales, sociales et liées à la santé, il vaut mieux se passer des boissons rafraîchissantes chaque fois que possible. Voici quelques trucs et ficelles pour relever le défi.
Pour produire un litre de Coca-Cola, il faut, dans notre pays, 2,64 litres d'eau et 60 kilojoules d'énergie. Cela correspond à une émission d'environ 70 grammes de CO2, un gaz qui contribue au réchauffement du climat. Or, on boit chaque jour, à la surface de la Terre, quelque 240 millions de litre de Coca-Cola. Faites le compte… Si nous citons ces chiffres sur le soda universellement connu, c'est parce que son bilan environnemental est plus transparent que celui d'autres limonades. Pour avoir une idée plus précise de l'impact des boissons rafraîchissantes sur la planète, il faudrait extrapoler ces chiffres à l'ensemble du secteur. Les chiffres seraient alors astronomiques. D'autant que le marché des boissons rafraîchissantes se porte bien, très bien. En Belgique, par exemple, il a plus que doublé entre 1980 et 2005.
Le secteur a fait des efforts pour réduire son empreinte écologique. Par exemple en allégeant le poids de ses emballages, tant les bouteilles que les canettes. On trouve aujourd'hui 25% de matériau recyclé dans bouteilles plastiques de Coca-Cola, grâce à d'importants efforts de collecte et de recyclage. Mais voilà, ces efforts risquent d'être perdus à la suite du succès croissant des petits conditionnements (les bouteilles de 20 ou 25 centilitres ont doublé en cinq ans !) et du fait que le taux de recyclage du PET (polyéthylène téréphtalate) est moins bon que celui du verre et du métal. Si l'on calcule maintenant l'impact global des boissons rafraîchissantes sur l'environnement, c'est-à-dire bien au-delà de la production des déchets (et en incluant l'acidification et l'eutrophisation de l'environnement, la détérioration de la couche d'ozone, la consommation de ressources naturelles, la toxicité pour l'homme et l'environnement, etc.), on s'aperçoit alors que les limonades sont responsables d'1 % des dégâts à l'environnement.
Dérisoire ? Pas si vite ! Cette étude, menée pour le compte de la Commission européenne en 2006, portait sur 282 produits de consommation, qu'ils soient alimentaires ou non. Or, quel que soit le paramètre envisagé, les limonades sont dans les 30 premiers produits (sur 282) les plus néfastes à l'environnement de la planète ! Sodas, colas, tonics et autres boissons sucrées, par ailleurs, n'offrent quasiment aucun avantage nutritionnels et contribuent largement aux caries dentaires (boissons light mises à part) et au développement de l'obésité.
Sans se rabattre à tout prix sur l'eau (et pourquoi pas, après tout ?), il est possible d'avoir recours à des boissons à la fois plus saines et plus respectueuses de l'environnement. Les sirops offrent des goûts très variés, y compris en version biologique. Leur apport de calories est nettement moindre que celui des boissons sucrées. On peut même se permettre, très souvent, de les diluer plus largement que ce qui est proposé par le fabricant. Depuis quelques années, on trouve sur le marché des machines qui permettent de fabriquer de l'eau pétillante ou des limonades à partir de l'eau de distribution. Tant la quantité de sucre que le gaz carbonique peuvent être modulés en fonction des besoins. Ces installations exigent évidemment une certaine consommation électrique, mais l'économie financière est plus qu'intéressante: plus de 200 euros annuels pour une famille de quatre personnes consommant annuellement 440 litres de boissons gazeuses). Elles génèrent nettement moins de déchets.
Autre possibilité : se rabattre sur les jus de fruits. Ils contiennent aussi pas mal de sucres (naturels ou ajoutés), mais ont l'avantage de recéler des vitamines et des fibres. Et puis, sans nul doute, un thé, un potage, voire un café constituera toujours une alternative plus saine et meilleur marché.
Source: Vive l'été, sans boisson sucrée, Etude de l'Observatoire Bruxellois de la Consommation Durable.