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La production pour une consommation durable
Roadshow du 19 septembre 2002
Du côté des consommateurs - Consommation durable
Date : 15-10-2002
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Ce 19 septembre, les investigations des organisations de consommateurs étaient dédiées à la consommation durable. En matinée, nous avons visité une entreprise de traitement des déchets ménagers issus de la collecte sélective. Dans cette usine, un tri plus précis et la biométhanisation des déchets organiques permettent de réduire considérablement la mise en décharge et l'incinération des déchets ménagers. Dans l'après-midi, nous avons été reçus par une coopérative de producteurs qui proposent eux-mêmes directement aux consommateurs des produits agricoles d'une qualité garantie (selon les critères bio ou de l'agriculture paysanne raisonnée). Il s'agit donc d'une chaîne courte entre producteurs et consommateurs, qui facilite et rend plus transparente la traçabilité. Comment cela fonctionne-t-il? Quel est leur moteur, leur motivation?

Ce 19 septembre, les investigations des organisations de consommateurs étaient dédiées à la consommation durable.

En matinée, nous avons visité une entreprise de traitement des déchets ménagers issus de la collecte sélective. Dans cette usine, un tri plus précis et la biométhanisation des déchets organiques permettent de réduire considérablement la mise en décharge et l'incinération des déchets ménagers.

Dans l'après-midi, nous avons été reçus par une coopérative de producteurs qui proposent eux-mêmes directement aux consommateurs des produits agricoles d'une qualité garantie (selon les critères bio ou de l'agriculture paysanne raisonnée). Il s'agit donc d'une chaîne courte entre producteurs et consommateurs, qui facilite et rend plus transparente la traçabilité. Comment cela fonctionne-t-il? Quel est leur moteur, leur motivation?

Le traitement des déchets

Les roadshows et autres initiatives relatives à la chaîne alimentaire ont pour mot d'ordre "de la fourche à la fourchette". Ici, la question est inversée: que se passe-t-il de la fourchette à la fourche (à fumier)?

Intradec (Mons/Borinage) est une intercommunale de traitement des déchets et traite les sacs poubelle "tout venant" ou "vrac"(les gris) de 473.000 habitants, soit 480 kg par an par habitant, ou encore 227.000 tonnnes de déchets ménagers par an.

Dans cette région où le tri des déchets est de rigueur, les sacs "vrac" aboutissent directement dans cette installation. Voici ce qu'on y trouve: 35% du poids total est constitué de déchets organiques (dits fermentescibles, ou plus communément biodégradables), 3% de métal, 12% de matière inerte (vaisselle cassée, etc) et 50% de combustible (papier, plastique). Chacune de ces catégories est traitée: les déchets organiques font l'objet d'une biométhanisation qui les transforme en compost et en électricité, les matières combustibles sont acheminées vers une cimenterie des environs, le métal va à la ferraille.

Les déchets organiques sont versés avec de l'eau dans des "digesteurs" où ils sont transformés par des bactéries en compost et en gaz. Celui-ci est converti en électricité, la production totale étant de 10 Gigawatt par an, livrée au réseau. L'entreprise elle-même consomme l'équivalent du total de l'électricité qu'elle produit. A certains moments elle a besoin du réseau (pour démarrer les machines), à d'autres elle lui rend de l'énergie (par ex. le WE). Le compost en tant que produit final ne peut être utilisé en agriculture pour la production alimentaire. Il sert d'amendement pour sols dans les parcs et autres zones ornementales.

Les habitants de la zone couverte par l'intercommunale paient des taxes pour la gestion des déchets et également les sacs. La taxe couvre les frais d'enlèvement. Le prix des sacs sert à financer le traitement des déchets.

Il est possible de récolter les déchets organiques triés dans des containers ad hoc (ce qui est pratiqué dans d'autres régions). Leur collecte en sacs biodégradables a été testée, à La Louvière notamment. Ce test n'a pas été concluant, notamment à cause de la difficulté liée à la différence de dégradabilité des sacs selon la nature de ce qu'ils contenaient. Soit les sacs se dégradaient trop vite, déjà chez les gens, soit ils se dégradaient moins vite que leur contenu.

En moyenne 45% du contenu des déchets ménagers n'est pas trié et aboutit donc dans les sacs gris. Chaque année le total des déchets augmente de 1 à 2%. Il est vrai que les modalités de collecte ont un impact sur la production de déchets. Du moins cette entreprise les gère-t-elle le plus proprement possible. Mais il ne faut pas croire pour autant que cette activité génère du profit: le traitement coûte ce que l'installation produit.

De la ferme à la table: du producteur directement au consommateur

La coopérative d'agriculteurs visitée a pour objet de rencontrer les souhaits des consommateurs en matière de qualité des produits, qu'ils soient bio ou non, et de leur assurer une livraison directe.

Les agriculteurs qui en sont membres se plient à des exigences précises de production. Ils livrent directement leur marchandise une centrale qui en assure la transformation et la commercialisation. Cette coopérative vend ces produits via 4 supérettes et possède 4 camions frigo pour les marchés.

Culture et élevage

Ici la chaîne alimentaire est organisée de façon à ce que les fermiers soient les moins dépendants possible de l'industrie agro-alimentaire, et maintiennent le contact avec le consommateur final. Au niveau de la production on retrouve tous les produits agricoles à l'exception du soja, et principalement la volaille et la viande de mouton.

La commercialisation des produits ne passe pas par les grandes surfaces. Cela impliquerait une l'augmentation de la demande et un effet d'entraînement sur la production agricole, soit la nécessité d'augmenter le nombre de fermiers affiliés, ou la production de chacun d'eux. De telles adaptations ne se font pas du jour au lendemain. Qui plus est, l'expérience a aussi montré à certains que dans ce type de circuit commercial, la pression pour augmenter la production est souvent suivie d'une pression sur les prix (une fois que l'agriculteur a investi, il est forcé de produire pour rentabiliser).

Part de la production bio

  • Légumes: un seul producteur fait de la production intégrée, tout le reste est bio.
  • Fromage: 50% de produits bio, 50% d'"agriculture paysanne raisonnée".
  • Viande: pour le boeuf, 1 sur 7 est bio; pour le porc, 1 sur 10. Les produits bio sont certifiés Ecocert, les autres sont suivis et contrôlés par le CARA (Centre d'assistance et de recherche assistée) de Ath. La viande de boeuf est dotée du label wallon blanc-bleu fermier.

L'ensemble de la production est en tout cas exempt d'OGM; selon ce groupement d'éleveurs, le principe de précaution en la matière est encore de mise.

La production suit des cahiers de charge: soit ceux des labels wallons, soit celui de la coopérative, qui est plus sévère. Les fermiers travaillent selon le principe de l'agriculture paysanne raisonnée. Ils produisent eux-mêmes la nourriture pour le bétail. Le respect des animaux et de leur environnement s'inscrit dans le souci d'un équilibre écologique en milieu rural. Ce type de culture diffère bien de la production bio, notamment pour ce qui concerne le traitement du fumier: des échanges de fumier sont pratiqués entre agriculteurs. Si ces ingrédients de base ne suffisent pas encore, certains engrais chimiques peuvent éventuellement être utilisés. Tout cela est discuté de façon systématique et adapté après concertation.

Eu égard au consommateur, le principe du goût et de la qualité est toujours mis en balance avec un prix raisonnable. La différence de prix entre ce type de production et la production bio est de 20%. La coopérative maintient un contact permanent avec des groupes locaux de consommateurs actifs, et a un système de traçabilité qui lui est propre: un circuit court où tout le monde se connaît.

La masse de production est également fixée en concertation, de manière à pouvoir garantir des revenus suffisants aux fermiers et aux autres travailleurs. La surface moyenne des exploitations membres de la coopérative est de 50 Ha.

Transformation

En termes de volume de production, 55 porcs sont abattus chaque semaine, 600 volailles, 7 boeufs, 3 ou 4 veaux et une vingtaine de moutons. Chaque semaine 100 kg de beurre fermier est produit.

La collaboration avec l'abattoir communal permet de ne pas interrompre la chaîne du froid car cet abattoir est attenant à la centrale de transformation où se trouve l'atelier de découpe et celui de confection des charcuteries et aliments préparés.

Distribution

La coopérative écoule ses produits via 4 magasins, ravitaillés quotidiennement, 4 camions pour marché et un restaurant qui lui est propre. Globalement, la clientèle est représentative du public moyen; celle des marchés est plus âgée, quant aux magasins ils accueillent assez bien d'enseignants.

La coopérative compte 45 membres et ne souhaite pas s'agrandir. Les membres préfèrent voir d'autres initiatives analogues se développer. Dans les espaces de vente ouverts aux public, les prescriptions du Ministère de la Santé Publique prévalent, le même ministère y assurant le contrôle.

Visite à la ferme

L'exploitation visitée est mixte, on y cultive les patates, le grain et le maïs. C'est aussi une ferme d'élevage, qui compte une trentaine de boeufs. Le fermier, cofondateur de la coopérative, trouve très positif de savoir pour qui il travaille en fin de compte.P

En résumé, ses arguments sont les suivants:

    ILe circuit court permet un contact avec le consommateur final et une production artisanale de produits de qualité, contre un prix qui est peut-être un peu plus élevé qu'ailleurs mais qui reste tout de même abordable.
  • La traçabilité est l'essence même du système puisque que le consommateur sait directement d'où viennent les produits; quant au fermier il se sent personnellement responsable.
  • La qualité est garantie par le suivi d'un cahier des charges strict, en évitant autant que possible les produits chimiques.
  • La production est diversifiée: différentes variétés sont plantées en alternance. Quant à l'élevage, il est exercé en circuit fermé.
  • Pour combattre les maladies, par exemple celles qui s'attaquent aux patates, la collaboration avec le CARA est intense, celui-ci pouvant prévoir à quel moment précis il faut les combattre.
  • Après l'abattage, les tests d'ESB sont effectués et la découpe ne commence que lorsque leur résultat est connu.

Contrôle et certification

Pour les produits dotés du label de qualité wallon blanc bleu fermier, le cahier des charges et le contrôle sont assumés par les instances régionales. Les produits bio respectent le cahier des charges d'Ecocert et sont contrôlés par cet organisme.

Pour les autres produits, le contrôle et la certification visent le respect du cahier des charges de la coopérative elle-même et sont effectués par Promag. Etapes de ce contrôle:

A la ferme:

  • Identifier les animaux avec les boucles d'oreilles (à ce sujet et concernant le système Sanitel, cfr rapport du 2e roadshow, avril 2002).
  • Contrôler la nourriture pour animaux en prélevant des échantillons dans les élevages.
  • Conditions de vie: propreté et hygiène, espace vital par animal, composition de l'air.

A l'abattoir:

  • Les éleveurs amènent eux-même les bêtes à l'abattoir, par petites quantités, et avec moins de stress; les animaux gardent leurs boucles d'oreille dans l'abattoir. Le n° d'identification sur l'étiquette est également transmis à l'AFSCA (IEV).
  • Sur chaque pièce de viande sortant de l'abattoir se trouve donc le n° Sanitel, le n° de l'abattoir, et en plus le nom et l'adresse de l'éleveur (plutôt qu'un code). Les pièces sont également pesées à l'abattoir, ce qui permet d'évaluer le rendement et la rétribution dûe à l'éleveur.
  • Le temps de maturation est d'une semaine après l'abattage (délai également nécessaire pour les résultats des tests d'ESB); la carcasse reçoit alors une fiche Promag spécifique avec un numéro, qui l'accompagne jusqu'à la vente finale. Il n'y a donc pas de découpe sans cachet et certificat de Promag. Le certificat accompagne la viande chez le chevillard.

Dans l'atelier de charcuterie

Sur les produits de charcuterie, on trouve l'étiquette de la coopérative, les ingrédients pouvant provenir de différents producteurs. Pour les produits bio, le n° du lot est communiqué sur l'étiquette, de sorte qu'il est possible de retrouver la bête et le jour indiqués. Tout ce système va bientôt être informatisé (CPR).

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